Une facture d’électricité qui grimpe après l’installation d’une pompe à chaleur déclenche presque toujours la même enquête : on accuse le froid, le dégivrage, la résistance d’appoint. Les mesures disent autre chose. L’ADEME et le bureau d’études Enertech ont publié le 7 octobre 2025 les résultats d’une campagne d’instrumentation de 100 pompes à chaleur (ADEME/Enertech, 2025) installées en maisons individuelles en remplacement d’une chaudière gaz ou fioul, suivies à la minute pendant une saison de chauffe complète. Cette base déplace l’ordre des priorités : les deux coupables désignés partout pèsent quelques pour cent, et le poste qui coûte réellement cher n’est presque jamais cité. Ce qui suit est un diagnostic classé par poids mesuré, avec les vérifications que vous pouvez conduire vous-même et le levier réglementaire que personne ne vous rappelle.
Avant tout : votre PAC surconsomme-t-elle vraiment ?
Trois situations très différentes se présentent sous le même symptôme, et les confondre fait perdre des semaines.
La première est une consommation objectivement anormale : la machine consomme plus qu’un appareil comparable dans un logement comparable. La deuxième est une consommation normale mais mal anticipée : le devis promettait des économies calculées sur des performances de catalogue, et le réel est en dessous sans qu’aucune pièce ne soit en cause. La troisième n’a rien de technique : le prix du kWh ou la structure du contrat a bougé, la facture suit, la pompe à chaleur n’y est pour rien.
Le repère de terrain existe désormais. Sur les installations suivies, le SCOP de chauffage moyen mesuré ressort à 2,9 pour les PAC air/eau et 4,3 pour les PAC eau/eau (négaWatt, 2026), certaines machines air/eau dépassant 4 (négaWatt, 2026). Autrement dit : une PAC air/eau qui restitue environ trois fois l’énergie qu’elle consomme sur la saison n’est pas malade, elle est dans la moyenne française.
Le décalage avec le devis a aussi une explication normative. Les SCOP annoncés par les fabricants, mesurés selon les protocoles normalisés, dépassent les SCOP réellement mesurés d’environ 29 % en air/eau (négaWatt, 2026). Un écart de cet ordre entre la promesse commerciale et votre facture ne signale donc pas une panne : il signale que le calcul de départ reposait sur une valeur de laboratoire.
Méthode pour trancher. Isolez la consommation de chauffage : compteur dédié sur le circuit de la PAC, sous-comptage, ou à défaut lecture de la courbe de charge Linky sur des périodes où seul le chauffage varie. Rapportez cette consommation aux degrés-jours unifiés de la période — un hiver plus rude consomme davantage sans qu’aucun réglage n’ait changé. Comparez ensuite deux hivers ramenés aux mêmes degrés-jours, jamais deux factures brutes. Et avant tout cela, relisez votre contrat d’électricité : une hausse tarifaire se lit exactement comme une dérive technique.
Ce qui ne cause presque jamais la surconsommation : le froid, le dégivrage, l’appoint
C’est le résultat le plus contre-intuitif de la campagne, et celui qui invalide la moitié des articles disponibles sur le sujet.
| Poste | Part moyenne de la consommation |
|---|---|
| Résistance d’appoint électrique | 2,7 % |
| Dégivrage (PAC air/eau) | 0,6 % |
La résistance d’appoint, présentée partout comme le gouffre à électricité, ne représente en moyenne que 2,7 % de la consommation des machines suivies, et le dégivrage des PAC air/eau 0,6 % (négaWatt, 2026). Quant à l’effondrement supposé des performances par temps froid, il n’a pas été observé : le COP se maintient à 2,0 en moyenne pour une température extérieure moyenne de −4 °C (négaWatt, 2026). Une machine qui fournit encore deux kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure d’électricité au plus fort du gel n’est pas en train de ruiner personne.
Cela ne contredit pas ce qu’écrivent les fabricants. Une unité extérieure air/eau fonctionne généralement jusqu’à −20 °C, et jusqu’à −10 °C pour les modèles air/air (Thermor) : la plage de fonctionnement couvre largement les hivers français, l’appoint n’ayant vocation à intervenir que lorsque la PAC seule ne suffit plus, soit par température extérieure très basse, soit parce que sa puissance est trop faible (Thermor).
La nuance compte. Ces valeurs sont des moyennes de parc : elles n’excluent pas les cas individuels où la résistance tourne en continu et pèse lourd sur la facture. Mais dans ces cas-là, l’appoint est un symptôme, pas une cause. Il se déclenche parce que quelque chose en amont l’appelle : un dimensionnement insuffisant, une loi d’eau qui demande une température d’eau que la machine n’atteint pas seule, une régulation mal paramétrée.
Conséquence pratique immédiate : ne commencez jamais un diagnostic par la météo. Si votre appoint tourne beaucoup, la question n’est pas « comment le désactiver » — le désactiver produit de l’inconfort sans traiter la cause — mais « qu’est-ce qui le réclame ».

La vraie cause n°1 : l’écart entre la source froide et la température d’émission
Une pompe à chaleur déplace de la chaleur d’un milieu froid vers un milieu chaud. Le rendement théorique maximal de cette opération dépend directement de l’écart entre les deux températures : plus la source chaude est haute et la source froide basse, plus le compresseur travaille et plus le COP chute. Chaque degré retiré à la température de départ d’eau est donc un gain direct, sans changer une seule pièce.
La campagne le vérifie dans les logements réels. Le COP est en moyenne environ 25 % plus élevé avec un plancher chauffant, réglable autour de 25 °C, qu’avec des radiateurs (négaWatt, 2026) — même type de machine, même mission de chauffage, un quart de performance d’écart pour la seule raison de la température demandée aux émetteurs.
Le même mécanisme explique l’écart structurel entre familles de machines. Les PAC eau/eau atteignent un SCOP mesuré de 4,3 contre 2,9 en air/eau (négaWatt, 2026) : leur source froide est le sous-sol ou la nappe, plus chaude et surtout plus stable que l’air extérieur, donc un écart à franchir plus faible précisément quand il fait le plus froid dehors.
Ce que vous pouvez vérifier seul, en un quart d’heure. Attendez une journée où la température extérieure tourne autour de 0 °C, puis relevez sur la régulation la température de départ d’eau demandée. Confrontez-la à ce que vos émetteurs exigent réellement pour tenir la consigne intérieure : un plancher chauffant correctement dimensionné se contente d’une eau nettement moins chaude que des radiateurs anciens. Si votre installation demande une eau très chaude alors que le logement a été isolé depuis la pose, vous payez un écart de température qui n’a plus lieu d’être.
L’erreur la plus coûteuse consiste à compenser des radiateurs sous-dimensionnés en montant la consigne d’eau. Cette correction fonctionne — le logement chauffe — mais elle dégrade le COP en permanence, y compris pendant les longues périodes de mi-saison qui représentent l’essentiel de la saison de chauffe. Remplacer deux ou trois émetteurs dans les pièces critiques permet souvent de redescendre toute la loi d’eau, donc d’améliorer le rendement toute l’année.
La vraie cause n°2 : une loi d’eau jamais réglée après la pose
La loi d’eau est la courbe qui relie la température extérieure à la température de départ d’eau. Elle est le paramètre central de la performance : bien réglée, elle fait remonter le COP dès qu’il fait plus doux ; laissée sur les valeurs d’usine, elle envoie de l’eau trop chaude pendant les trois quarts de la saison.
C’est précisément là que la campagne de mesure trouve le gisement. Elle relève de nombreux défauts de réglage de la loi d’eau et met en évidence d’importantes marges de progression (négaWatt, 2026). Ce n’est pas un défaut de matériel, c’est un défaut de mise en service : la machine est capable, personne ne lui a dit quoi faire.
Deux paramètres suffisent à comprendre la logique de correction. La pente détermine à quelle vitesse la température d’eau monte quand la température extérieure descend. Le décalage — appelé aussi parallèle ou translation — remonte ou abaisse toute la courbe d’un bloc. La règle de lecture est simple : un inconfort ressenti uniquement par grand froid désigne la pente ; un inconfort constant, quelle que soit la météo, désigne le décalage. Inverser les deux corrections est le moyen le plus sûr de dégrader la performance en croyant l’améliorer.
Le cas le plus coûteux et le moins documenté est celui du logement rénové après la pose. Des essais menés en laboratoire semi-virtuel sur une même PAC air/eau, dans une maison non isolée puis après rénovation thermique, montrent que la performance se maintient à condition que la loi d’eau soit recalée après les travaux ; sans ce recalage, la machine devient surdimensionnée pour ses nouveaux besoins, multiplie les cycles marche/arrêt et peut voir sa durée de vie affectée (ADEME/EDF R&D, 2025). Personne ne rappelle l’installateur après avoir soufflé des combles. C’est pourtant le moment exact où le réglage devient faux.
Méthode de correction. Procédez sur plusieurs jours, un paramètre à la fois, en abaissant par petits pas et en relevant la consommation entre chaque modification, dans des conditions extérieures comparables. Descendez jusqu’à ce que le confort commence à se dégrader, puis remontez d’un cran. Limite à connaître avant de commencer : sur beaucoup de régulations, l’accès aux paramètres de loi d’eau est réservé au niveau installateur, protégé par un code. Vous ne pourrez alors pas agir seul — mais la section consacrée à l’entretien obligatoire, plus bas, vous donne un moyen d’exiger ce réglage.
Dimensionnement, montage, régulation : le tiers d’installations concerné
Le chiffre à retenir de la campagne est aussi son constat le plus dérangeant pour la filière : les performances d’un tiers des installations observées pouvaient être largement améliorées, du fait d’un défaut soit de dimensionnement, soit de montage, soit de réglage, soit de régulation (négaWatt, 2026). L’ADEME en tire un avis nuancé : les performances moyennes des pompes à chaleur sont très bonnes, y compris dans les logements mal isolés, mais environ un tiers des machines présentent des performances améliorables du fait de problèmes d’installation et de réglage (ADEME, 2025). La technologie n’est pas en cause ; sa mise en œuvre l’est une fois sur trois.
Les deux erreurs de dimensionnement produisent la même facture par des chemins opposés, et il faut savoir laquelle on subit. Une machine sous-dimensionnée sollicite excessivement l’appoint électrique ; une machine surdimensionnée multiplie les cycles courts, ce qui use le compresseur et dégrade le rendement (Viessmann). Le signe distinctif est simple : compteur d’heures de la résistance élevé pour le sous-dimensionnement, nombre de démarrages compresseur élevé pour des durées de fonctionnement très courtes dans le second cas.
La règle de l’art existe et s’oppose. Le NF DTU 65.16 P1-1, « Travaux de bâtiment — Installations de pompes à chaleur — Cahier des clauses techniques types », publié le 20 octobre 2017 (AFNOR), couvre les configurations air/eau, air/air, eau glycolée/eau, sol/eau, sol/sol et eau/eau, ainsi que l’intégration d’une chaudière d’appoint et la mise en service. C’est le document à citer dans un courrier si le montage est en cause.
Trois contrôles visuels valent d’être faits avant tout appel. Le filtre du retour d’eau : encrassé, il réduit le débit, ce qui oblige la machine à produire une eau plus chaude pour délivrer la même puissance (Viessmann). La batterie de l’unité extérieure, dont l’encrassement pénalise directement les machines aérothermiques (Viessmann) : feuilles, tonte, haie plantée trop près. Et le calorifugeage des liaisons hydrauliques traversant des locaux non chauffés, souvent absent ou déchiré.
Deux documents doivent enfin vous être remis, et il faut les réclamer par écrit s’ils manquent : la note de calcul des déperditions ayant servi à dimensionner la machine, et le procès-verbal de mise en service. Sans la première, personne ne peut dire si la machine est à la bonne puissance ; sans le second, personne ne sait quels paramètres ont été appliqués le jour de la pose.

La fuite de fluide frigorigène : le scénario où la PAC devient un radiateur électrique
Un seul scénario technique fait vraiment exploser une facture d’un mois sur l’autre, et il se reconnaît à sa signature.
Le mécanisme est décrit par les fabricants eux-mêmes : en cas de fuite sur le circuit frigorifique, le compresseur ne transmet plus l’énergie, la machine bascule sur son appoint et fonctionne comme un simple chauffage électrique par effet Joule — 1 kWh d’électricité consommée fournit alors 1 kWh de chaleur (Viessmann). Vous ne chauffez plus avec une pompe à chaleur, vous chauffez avec un grille-pain de plusieurs kilowatts.
D’où sa signature sur la courbe de consommation : une rupture de pente, brutale, sans changement d’usage ni de météo. Une dérive lente et progressive n’est presque jamais une fuite ; elle oriente vers l’encrassement ou vers un réglage qui a été modifié. Une marche d’escalier, en revanche, justifie un appel rapide.
Avant de décrocher le téléphone, relevez les éléments qui feront gagner du temps au technicien : givre persistant sur l’unité extérieure en dehors des phases de dégivrage, cycles anormalement courts, écart de température entre départ et retour d’eau anormalement faible, et surtout les codes défaut journalisés dans la régulation, avec leurs dates.
Le contrôle relève de l’entretien réglementaire. L’entretien périodique d’un système thermodynamique comprend explicitement le contrôle d’étanchéité du circuit contenant le fluide frigorigène, à l’exception des équipements déjà soumis au règlement européen 517/2014 sur les gaz à effet de serre fluorés (code de l’environnement, art. R224-44-2). Si votre entretien a été fait récemment et qu’une fuite apparaît, l’attestation devient une pièce utile.
Une chose est certaine : cette réparation ne se fait pas soi-même. La manipulation des fluides frigorigènes est réservée à des opérateurs attestés, et toute tentative d’appoint de fluide par un non-professionnel est à la fois illégale et inutile tant que la fuite n’est pas localisée.
Ce que la loi vous permet d’exiger lors de l’entretien obligatoire
C’est le levier absent de toute la littérature disponible sur la surconsommation, et il est gratuit.
Depuis le décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020 (Légifrance), les systèmes thermodynamiques dont la puissance nominale est comprise entre 4 kW et 70 kW sont soumis à un entretien périodique, et la période séparant deux entretiens ne peut pas excéder deux ans (code de l’environnement, art. R224-44 à R224-44-5). Les systèmes destinés uniquement à la production d’eau chaude sanitaire en sont exclus. La pompe à chaleur figure bien parmi les équipements soumis à cette obligation (Service-Public, 2025).
Le point que personne ne vous rappelle tient au contenu de cet entretien. L’article R224-44-2 énumère cinq volets : la vérification du système, le contrôle d’étanchéité du circuit frigorigène, le nettoyage si nécessaire, le réglage du système, et les conseils nécessaires portant sur le bon usage du système en place, les améliorations possibles et l’intérêt éventuel d’un remplacement (code de l’environnement, art. R224-44-2). Le réglage n’est pas une prestation en supplément que l’on vous facturerait à part : il appartient au périmètre légal de la visite que vous payez déjà. Vous financez donc, tous les deux ans au plus, exactement l’opération qui corrige le premier poste de surconsommation identifié par les mesures.
Qui déclenche et qui paie. L’entretien d’un système individuel est effectué à l’initiative de l’occupant (code de l’environnement) ; en location, il incombe au locataire sauf clause contraire du bail (Service-Public, 2025). Le professionnel doit remettre une attestation dans les quinze jours suivant sa visite, à conserver au minimum deux ans (Service-Public, 2025). Aucune sanction financière n’est prévue en cas de défaut d’entretien, mais l’assureur peut refuser d’indemniser un sinistre (Service-Public, 2025).
Formulez votre demande par écrit avant la visite, pas pendant. Trois lignes suffisent : demander le relevé des paramètres de loi d’eau en place à l’arrivée du technicien, les valeurs après intervention, et une justification écrite des consignes retenues au regard des émetteurs installés. Cette trace transforme un passage de quarante minutes en pièce opposable si la surconsommation persiste.
Le protocole de diagnostic, dans l’ordre, avant de dépenser un euro
Les étapes ci-dessous sont classées par poids mesuré des causes et par coût croissant. Les suivre dans le désordre revient à payer un frigoriste pour un problème de contrat d’électricité.
Étape 1 — gratuite, 7 jours. Isolez la consommation de chauffage et rapportez-la aux degrés-jours de la période. Relisez en parallèle votre contrat et le prix du kWh sur les douze derniers mois. Cette étape écarte l’hypothèse tarifaire, qui n’a rien de marginal, et fournit la valeur de référence à laquelle toutes vos corrections ultérieures seront comparées.
Étape 2 — gratuite, 15 minutes. Relevez sur la régulation : la température de départ d’eau à une température extérieure connue, la consigne intérieure, l’état de l’appoint, et les compteurs d’heures de fonctionnement du compresseur et de la résistance. Ces deux compteurs départagent seuls le sous-dimensionnement du surdimensionnement.
Étape 3 — gratuite. Inspection visuelle : batterie de l’unité extérieure, dégagement autour de l’unité, filtre du retour d’eau, circulateur, calorifugeage. C’est court, et cela élimine des causes de débit qui se traduisent directement en température d’eau plus élevée.
Étape 4 — réglage. Correction progressive de la loi d’eau, un paramètre à la fois, avec relevé de consommation entre chaque modification. Si les paramètres sont verrouillés au niveau installateur, exigez ce réglage au titre de l’entretien biennal, sur le fondement rappelé plus haut.
Étape 5 — payante, en dernier. Intervention d’un frigoriste pour contrôle d’étanchéité, et vérification du dimensionnement contre la note de calcul des déperditions.
Aucun gain chiffré n’est promis ici, et il faut le dire clairement : les marges dépendent entièrement de l’état initial de votre installation, et un tiers seulement des installations mesurées présentaient un défaut corrigeable (négaWatt, 2026). Les deux autres tiers fonctionnaient normalement. Une part des propriétaires qui suivront ce protocole découvriront simplement que leur machine va bien.
Quand le réglage ne suffit pas, la décision devient économique. Avant d’envisager un changement d’émetteurs ou de machine, exigez des repères de performance opposables sur le devis : depuis le 1er janvier 2026, pour ouvrir droit aux certificats d’économies d’énergie, une PAC air/eau doit afficher une efficacité énergétique saisonnière d’au moins 126 % en basse température et 111 % en moyenne et haute température, et être équipée d’un régulateur de classe IV, V, VI, VII ou VIII (arrêté du 15 décembre 2025). La classe de régulateur n’est pas un détail administratif : c’est exactement la fonction qui pilote la loi d’eau dont dépend tout ce qui précède. Les dispositifs d’aide mobilisables pour un remplacement sont détaillés dans le guide des aides financières de l’Anah, dont les forfaits évoluent : vérifiez l’édition en vigueur à la date de votre devis plutôt qu’un montant lu sur un blog.
Un dernier point, rare sur ce sujet : les données de la campagne sont publiques. Les mesures à la minute des 100 logements suivis sont diffusées sous Licence Ouverte 2.0, avec dictionnaire de données (ADEME, 2025). Les chiffres cités ici ne sont pas des ordres de grandeur commerciaux : ils sont vérifiables, et contestables, par quiconque veut ouvrir le jeu de données.
Sources
- ADEME / Enertech (Muriel Dupret, Uwe Bramkamp) — Campagne de mesure sur 100 pompes à chaleur (90 air/eau et 10 eau/eau) installées en maisons individuelles en remplacement d’une chaudière gaz ou fioul, instrumentées sur une saison de chauffe complète. Rapport de 245 pages, téléchargeable gratuitement. C’est la référence de terrain à citer pour toute affirmation sur les performances réelles en France. (Mise en ligne le 07/10/2025)
- ADEME — collection « Les avis de l’ADEME », réf. 013063 — Avis officiel de l’agence : « les performances moyennes des pompes à chaleur sont très bonnes, même dans les logements mal isolés », mais environ un tiers des machines présentent des performances améliorables du fait de problèmes d’installation et de réglage. Document de 9 pages. (Mise en ligne le 07/10/2025)
- Association négaWatt — note de décryptage de la campagne ADEME/Enertech — Source la plus directement citable pour les chiffres de la campagne : SCOP chauffage moyen mesuré de 2,9 pour les PAC air/eau (plus de 4 pour certaines) et 4,3 pour les PAC eau/eau, avec un COP de 7,4 sur une machine particulièrement bien dimensionnée et réglée ; COP maintenu à 2,0 en moyenne pour une température extérieure moyenne de −4 °C ; la résistance d’appoint ne représente en moyenne que 2,7 % de la consommation et le dégivrage des PAC air/eau 0,6 % ; les SCOP normalisés annoncés par les fabricants dépassent les SCOP mesurés d’environ 29 % en air/eau ; COP environ 25 % plus élevé avec plancher chauffant (réglable à 25 °C) qu’avec radiateurs ; « les performances d’un tiers des installations observées pouvaient être largement améliorées » du fait d’un défaut de dimensionnement, de montage, de réglage ou de régulation ; la campagne « montre de nombreux défauts de réglage de la loi d’eau ». (28/02/2026)
- ADEME / EDF R&D — Essais en laboratoire semi-virtuel d’une même PAC air/eau dans une maison non isolée puis après rénovation thermique : la performance se maintient à condition que la loi d’eau soit recalée après les travaux ; sans recalage, la machine devient surdimensionnée et multiplie les cycles marche/arrêt, ce qui peut affecter sa durée de vie. Document de 51 pages, collection Expertises. (Mise en ligne le 07/10/2025)
- ADEME / Enertech (Muriel Dupret) — Étude sur 88 ménages ayant remplacé des radiateurs électriques par une PAC air/air, à partir des données de compteur Linky : la pose d’une PAC air/air a permis de diviser par 2 la consommation d’électricité liée au chauffage. Les auteurs précisent qu’ils n’ont pas pu déterminer le SCOP réel faute de pouvoir mesurer un éventuel effet rebond (usage estival en climatisation). 88 pages. (Mise en ligne le 07/10/2025)
- ADEME — plateforme de données ouvertes — Jeu de données brutes de la campagne : mesures à la minute sur 100 logements (90 PAC air/eau, 10 PAC géothermiques) pendant une année complète, sous Licence Ouverte 2.0, avec dictionnaire de données et métadonnées. Permet d’affirmer que les résultats sont vérifiables et réexploitables, argument d’autorité rare sur cette SERP. (Publication/mise à jour le 16/10/2025)
- Légifrance — article R224-44-2 du code de l’environnement — L’entretien périodique d’un système thermodynamique comprend cinq volets : la vérification du système ; le contrôle d’étanchéité du circuit contenant le fluide frigorigène (hors équipements soumis au règlement UE 517/2014) ; le nettoyage si nécessaire ; le réglage du système ; et « les conseils nécessaires portant sur le bon usage du système en place », les améliorations possibles et l’intérêt éventuel d’un remplacement. C’est le fondement juridique du fait qu’un propriétaire peut exiger le réglage sans supplément. (Version en vigueur depuis le 30/07/2020)
- Légifrance — code de l’environnement, articles R224-44 à R224-44-5 — Paragraphe « Entretien des systèmes thermodynamiques dont la puissance nominale est comprise entre 4 kW et 70 kW » : champ d’application (les systèmes destinés uniquement à l’eau chaude sanitaire sont exclus) ; l’entretien d’un système individuel « est effectué à l’initiative de l’occupant » ; « la période séparant deux entretiens ne peut pas excéder deux ans » ; entretien par un professionnel qualifié ; attestation remise dans les quinze jours suivant la visite. (Version consolidée au 07/09/2020)
- Légifrance — décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020 — Décret relatif à l’inspection et à l’entretien des chaudières, des systèmes de chauffage et des systèmes de climatisation : texte qui a instauré l’obligation d’entretien tous les deux ans maximum pour les systèmes thermodynamiques de 4 à 70 kW, avec inspection quinquennale au-delà de 70 kW. À citer pour dater l’obligation. (28/07/2020, publié au JO du 29/07/2020)
- Service-Public.fr (DILA) — Fiche officielle confirmant que la pompe à chaleur fait partie des équipements soumis à l’obligation d’entretien ; le professionnel doit remettre une attestation d’entretien dans les 15 jours suivant sa visite, à conserver au minimum 2 ans ; en location, l’entretien incombe au locataire sauf clause contraire du bail ; aucune sanction financière n’est prévue en cas de défaut d’entretien, mais l’assureur peut refuser d’indemniser un sinistre. (Page vérifiée le 19/05/2025)
- Légifrance — arrêté du 15 décembre 2025 (CEE, fiches BAR-TH-171 et BAR-TH-172) — Fixe les critères de performance exigés pour qu’une PAC air/eau ouvre droit aux certificats d’économies d’énergie à compter du 1er janvier 2026 : efficacité énergétique saisonnière (ETAS) d’au moins 126 % en basse température et 111 % en moyenne/haute température, et machine équipée d’un régulateur de classe IV, V, VI, VII ou VIII. Renforce également les taux de contrôle des installations. Donne au lecteur un repère de performance minimal opposable au devis. (Arrêté du 15/12/2025, JO n° 0296 du 18/12/2025, entrée en vigueur au 01/01/2026)
- AFNOR — Norm’Info (fiche officielle de la norme) — NF DTU 65.16 P1-1 « Travaux de bâtiment — Installations de pompes à chaleur — Partie 1-1 : cahier des clauses techniques types », norme publiée, couvrant les configurations air/eau, air/air, eau glycolée/eau, sol/eau, sol/sol et eau/eau, l’intégration d’une chaudière d’appoint et la mise en service. C’est le document de règle de l’art à opposer en cas de défaut de montage ou de dimensionnement. (Publiée le 20/10/2017 (édition juin 2017), commission « Installation de systèmes thermodynamiques »)



